Le Jardin de Manspach

Nous avons passé en début de mois une semaine pleine de wwoofing en Alsace au Jardin de Manspach. L’occasion d’y découvrir une méthode de culture inattendue, inconnue mais absolument passionnante: la MSV (= Maraîchage sur Sol Vivant). Fabrice Meyer, le maraicher, produit des fruits et légumes pour 40 à 80 paniers (à la pleine saison) pour les adhérents à l’AMAP du Moulin de Maspach. Il nous a partagé ses connaissances et pratiques sans compter avec une passion et une motivation contagieuses!

80% de la biomasse terrestre est contenue dans le sous-sol, dont 90% dans les “veines” constituées par les galeries de vers de terre colonisées par du mycélium, essentiel à l’installation pérenne de végétaux (lire pour s’en convaincre l’excellent livre La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben). Le fait de retourner la terre pour la cultiver détruit toutes ces galeries, pas si faciles à reconstruire pour les vers de terre, impossible pour le mycélium à cause d’un retournement fréquent dans les jardins.

Le principe de MSV est sur la base de ces connaissances de ne pas retourner les sols, de cultiver en créant des galeries supplémentaires par l’enracinement de divers végétaux qui, lorsqu’ils sont couchés et couverts, vont non seulement créer de nouvelles galeries par la destruction de leurs racines, mais aussi enrichir le terrain en surface et en profondeur, créant de la biomasse et favorisant le développement de celle déjà présente. L’existence de galeries riches est essentielle pour la vie de sol car elles servent au passage de petits animaux, d’insectes ou autre, mais aussi du mycélium. Les excréments des divers animaux (dont les vers de terre) donnent du collant à la terre.

On pourrait penser que les galeries cassent les mottes mais en fait, elles les créent grâce à la place pour le collant des excréments et par conséquent permet une forte résilience à l’eau (voir des vidéos de Slake Test, test fait en direct lors d’une visite des jardins avec comparaison terre MSV vs terre d’agriculture conventionnelle). De plus, un sol couvert est moins sujet à l’évaporation, les racines des végétaux ensuite “détruits” avant une plantation permettent de faire remonter les oligo-éléments qui aideront les jeunes plantations à se nourrir au plus vite et au mieux. D’où l’intérêt d’avoir des racines de taille et profondeur différentes et des végétaux de différentes familles pour des plantations diversifiées ensuite (par exemple seigle, petits pois et phacélie).

Mais en plus de cette grande nouveauté, nous avons eu la chance de nous essayer au guidage de cheval de trait grâce aux conseils de Fab et la bonne volonté ou le super dressage d’Agathe. Et il n’y a pas à dire: un cheval de trait, c’est hyper impressionnant!!!

Fabrice aime en plus s’essayer à la géobiologie, organiser des concerts au jardin et un festival estival. De quoi donner plein d’envies! C’était top et nous sommes remontés à bloc et hyper motivés pour commencer les expérimentations à notre tour en arrivant à Magny!

Et puis allez, pour le plaisir, quelques impressions en vrac d’une semaine riche humainement (avec les autres wwoofeurs aussi!), en expériences et apprentissages (merci Fab!). Et n’hésitez pas à aller sur son site et à vous perdre dans ses partages: c’est une mine!!!

Étape 32 — Etappe 32

Bernwiller – Manspach – Retzwiller: 18.5 km

Les tout premiers kilomètres à cinq le long du canal!
Die allersersten Kilometer zu fünft am Kanal!

Arrivée dans le jardin de Fabrice à Manspach, Maraîchage sur Sol Vivant, une semaine prometteuse d’enseignements !
Ankunft in Fabrices Garten in Manspach, Gemüseanbau auf ledendem Boden, die Woche hier verspricht uns viel!