Étape 31 — Etappe 31

Kembs — Bernwiller: 40km

Réveillés d’abord par la pluie qui s’est vite arrêtée, rendormis dans un concert de chants d’oiseaux, nous prenons au vrai réveil le petit déjeuner dans la nature. Est-ce que ces traces ont déjà été là hier ? Probablement pas. Alors, les sangliers et marcassins nous ont rendu visite cette nuit ? Nous n’avons rien entendu en tout cas.
Nous quittons la forêt de la Hardt sur une piste cyclable excellente et nous engageons sur le canal du Rhin au Rhône que nous retrouvons ici et que nous quittons momentanément à Mulhouse. En rentrant dans la ville, une voiture sort de son parking sans regarder et a failli renverser un de nos enfants. Je hurle, le conducteur s’arrête mais ne s’excuse pas. Nous continuons, prenons notre repas sur la place du temple et allons prendre un dessert. La glace est succulente, et nous discutons bien avec le propriétaire. Il nous a bien remonté le moral après l’incident — si tu lis ces mots, merci !
Nous repartons le long du canal. Une écluse en panne nous permet de discuter avec un couple qui fait l’EuroVélo 6 de Nantes à la Mer Noire, un peu plus loin nous discutons avec une famille allemande. Elle nous demande si c’est nous qu’un monsieur à vélo de course cherchait … Nous ne saurons que le lendemain que c’était notre hôte, Rolznd, venu à notre rencontre. 😉 Après une piste bien caillouteuse et cabossée que le GPS nous a malheureusement choisie, nous arrivons chez Cécile et Roland où nous sommes magnifiquement bien accueillis. Une pause bien méritée.

Der Regen weckt uns kurz auf, dann ein Vogelkonzert, bevor wir schließlich mitten in der Natur frühstücken. Waren diese Spuren schon gestern da? Wahrscheinlich nicht. Haben uns heute Nacht Wildschweine und Frischlinge besucht? Wir haben jedenfalls nichts gehört.
Wir verlassen den Hardt-Wald auf einem exzellenten Radweg und treffen einen alten Bekannten, den Rhein-Rhône-Kanal, wieder, den wir kurzzeitig in Mühlhausen verlassen. Als wir in die Stadt fahren, verlässt ein Fahrzeug den Parkplatz und hätte fast eines unserer Kinder umgefahren. Ich schreie er kriegt sich kaum ein, der Fahrer hält kurz an, aber entschuldigt sich nicht. Wir fahren weiter, essen auf dem Platz des Tempels und holen uns einen Nachtisch. Das Eis ist sehr lecker, und wir tauschen uns mit dem Besitzer aus. Er hat uns wieder aufgemuntert — falls du dies liest (auch auf Deutsch), danke!
Wir fahren wieder am Kanal. Eine kaputte Schleuse ermöglicht es uns mit einem Ehepaar reden, das gerade auf der EuroVelo 6 auf dem Weg von Nantes zum Schwarzen Mer ist, und etwas weiter mit einer deutschen Familie. Ob uns ein Herr auf einem Rennrad suche … Wir verneinen. Erst am nächsten Tag werden wir erfahren, dass das unser Gastgeber war. 😉 Nach einer Steine- und Schotterpiste, die uns leider vom Navi ausgesucht wurde, erreichen wir unser Ziel bei Cécile und Roland, wo wir herzlich empfangen werden. Eine wohl verdiente Pause.

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Étape 30 — Etappe 30

Rheinfelden (D) — Kembs (F): 35km, via Basel // Bâle

ou: Du bar au bivouac
oder: Von der Bar ins Biwak

Le matin, je sors les vélos et découvre un rayon cassé chez Katia. Que faire ? J’appelle vite un réparateur à Rheinfelden : négatif, pas possible avant le lendemain. Franchement … L’autre dans le village voisin qui est sur notre route du jour n’est pas joignable par téléphone. Alors, tout ou rien, on y va. En pédalant, nous nous demandons si c’est la roue voilée qui avait posé le problème sur la route en descente il y a quelques jours … Possible. Avant d’arriver, nous devons passer un petit tunnel sous les rails de train. Et quand nous disons petit, ça veut surtout dire : étroit comme un vélo avec deux sacoches et pile une remorque, et tellement bas que les vélos ont failli ne pas passer (et nous non plus). Nous arrivons chez le monsieur qui sort de son magasin, répare le rayon en deux temps trois mouvements et nous souhaite un bon voyage. C’est ce que nous appelons un bon service.
Passage par Bâle. Sachez qu’il est interdit de traverser un passage piéton en roulant. C’est tout du moins ce que nous dit un monsieur suisse peu après nous avoir vus traverser ainsi. Il est certainement aussi interdit de garer les vélos en dehors des carrés de parking dessinés par terre, mais le carré est plein et nous avons tellement envie de nous payer une glace (qui était un frozen yoghurt) en Suisse que nous le faisons quand même. Sans suites.
Nous traversons la frontière paisiblement pour nous retrouver en France. Troisième pays aujourd’hui ! Nous passons plein de parcs de jeu (et nous nous demandons si un guide EuroVélo en famille qui recense les parcs de jeu existe …), longeons le canal de Huningue avant de nous engager dans la forêt de la Hardt où nous allons bivouaquer. Il y a certes des traces d’animaux par terre, mais nous nous mettons un peu à l’écart et tentons l’aventure, faisons une bonne soupe d’orties et lierre terrestre qui nous réchauffe, un petit feu (dans les règles de l’art, s’il vous plaît), montons les tentes et allons nous coucher.

Am Morgen entdecke ich an Katias Fahrrad einen Speichenbruch. Was nun? Schnell rufe ich einen Fahrradhändler in Rheinfelden an. Nichts zu machen, erst am nächsten Tag. Kaum zu glauben. Im Nachbarort gibt es noch einen, der auf dem heutigen Weg ist, jedoch beantwortet er den Anruf nichts. Dann heißt es alles oder nichts, wir fahren los. Während wir fahren, fragen wir uns, ob das eiernde Rad nicht für das Ins-Schleudern-Kommen des Hängers verantwortlich ist. Bevor wir ankommen, müssen wir durch einen kleinen Tunnel. Klein heißt da aber: schmal wie ein Fahrrad mit Seitentaschen und genau einem Hänger und so tief, dass die Fahrräder fast nicht durchpassen. Wir kommen bei dem Fahrradmann an. Er kommt schon aus seinem Laden, repariert die Speiche im Handumdrehen und wünscht uns eine gute Reise. Das nennen wir einen super Service.
Abstecher nach Basel. « Es ist verboten, in der Schweiz mit dem Velo über den Zebrastreifen zu fahren. » O-Ton eines Schweizers, der uns darüber aufklärt, da er uns gerade genau das hat machen sehen. Wahrscheinlich ist es auch verboten, die Fahrräder neben dem auf den Bürgersteig gemalten Kästchen zum Abstellen des Fahrrads abzustellen, aber das Kästchen ist voll und wir wollen ein Eis in der Schweiz (letztendlich ein Frozen Yoghurt), also machen wir es trotzdem. Ohne Folgen.
Wir überqueren die unscheinbare Grenze nach Frankreich. Das dritte Land heute! Wir kommen an vielen Spielplätzen vorbei (und fragen uns, ob es einen Führer für EuroVelo-Routen für Familien gibt, in der alle Spielplätze aufgezeichnet sind …), fahren den Hüninger Kanal entlang, bevor wir in den Hardter Wald fahren, wo wir unser Biwak aufschlagen werden. Wir finden zwar einige Tierspuren auf dem Boden, aber wagen es dennoch, machen eine leckere, uns wärmende Suppe, dazu ein kleines Feuer (ordnungsgemäß wie es sich gehört), stellen die Zelte auf und gehen schlafen.

Communauté de Beuggen

Avant même notre départ et en prévision de notre détour par le Lac de Constance, nous avions prévu de rendre visite à la communauté de Beuggen, un habitat participatif créé il y a 13 ans déjà. Nous espérions en apprendre plus sur leur genèse et leur organisation quotidienne et même si nous avons dû écourter notre séjour d’une journée pour éviter une météo exécrable, nos souhaits ont été exaucés !

Il y aurait beaucoup à dire pour être complets (notre compte-rendu aux MagnyÉth’ fait 12 pages !) mais je veux ici mettre l’accent sur ce qui nous a le plus intéressés et convaincus : l’esprit de partage mais aussi et surtout le projet commun qui sert de base solide pour un travail de cohésion de groupe intense et régulier.

Commençons par l’esprit de partage et de solidarité :
– Afin de permettre à des foyers sans apport de venir vivre dans la communauté, les membres ont mis en place un système de prêt personnel afin que les plus aisés d’entre eux puissent aider ceux qui ont moins.
– Certains frais se font en fonction des revenus de chacun pour une meilleure justice sociale.
– Les membres du groupe partagent non seulement leur lieu d’habitat, mais font aussi leurs achats en communs auprès de producteurs et de magasins bios afin d’assurer une qualité alimentaire à tous et ce à moindre prix car les achats peuvent ainsi se faire en gros.
– Les personnes de passage (comme nous) bénéficient des mêmes tarifs que les membres du groupe et ont ainsi le droit de se servir dans le même cellier bio et de venir vivre sur place à prix dégressif plus ou moins longtemps. C’est le cas d’un certain nombre d’hôtes qui viennent faire une retraite religieuse, se ressourcer ou chercher de l’aide auprès du groupe dans des moments difficiles de leur vie.

Le décor étant à peu près planté, venons-en à ce qui nous a le plus convaincus dans l’optique du travail que nous effectuons Pascal et moi au sein de la commission gouvernance MagnyÉthique : l’importance du projet commun et de la cohésion ! Le groupe est actuellement composé de 6 foyers, soit 10 adultes et 9 enfants. Trois des familles font partie des membres fondateurs du projet et malgré des changements dus à des chemins de vie personnels, on peut parler d’un groupe relativement stable sur l’ensemble des années. Stabilité et longévité du projet enviables dont nous avons tenté de sonder les raisons pour bénéficier de leurs enseignements.

Le premier constat allant dans ce sens est l’objectif commun clair et fort qui rassemble le groupe. Tous sont croyants, de confession chrétienne. Il y a toutefois des catholiques et protestants au sein de ce groupe, qui est aussi ouvert à des orthodoxes, anglicans, coptes… En plus de leur croyance, tous les membres du groupe sont pratiquants et engagés professionnellement dans le médico-social pour une société juste et solidaire. Ils organisent des messes ou fêtes religieuses, des camps pour jeunes ou familles avec célébration œcuménique pour leur permettre malgré leurs différences de vivre leur foi ensemble. C’est cet objectif qui porte donc les habitants de la communauté de Beuggen.

Mais pour se donner la possibilité de vivre cet objectif commun malgré les différends inhérents à tout groupe d’humains qui se respecte, les membres de celui de Beuggen ont très vite eu la conviction qu’ils devaient à la fois travailler au groupe et chacun sur soi, que les deux sont même intimement liés. Ainsi, des séances obligatoires et très régulières (toutes les 6 à 8 semaines) sont destinées à évacuer avec accompagnement d’une personne extérieure les petites tensions pour éviter que des non-dits se transforment en conflit. Parfois, l’accompagnatrice choisit une thématique inhérente aux projets participatifs pour diriger les discussions, parfois non. De plus, le groupe se forme encore et toujours à la Communication Non Violente, a assisté à des séminaires d’ennéagramme etc. Un soin tout particulier est donc apporté à la conciliation de l’individu et du groupe. Et il semblerait que ce fait contribue fortement à la longévité du groupe.

Nous avions beau savoir que ce dernier point était essentiel, en avoir la confirmation par des personnes qui le vivent de l’intérieur depuis près de 12 ans et nous ont encourager à mettre l’humain avant la planification nous donne envie d’accélérer les points de programme prévus par la commission gouvernance pour prendre soin du groupe et des individus qui le compose encore plus qu’aujourd’hui !

Un merci tout spécial aux personnes qui nous ont accueillis à Beuggen et ont accepté de répondre à toutes nos questions, parfois insistantes et poussées.

Étape 29 — Etappe 29

Wallbach (CH) — Rheinfelden (D): 21km

Abfahrt nach einer fotografischen Traumreise von der Schweiz nach Tibet und zurück. Wir fahren durch einen Wald am Rheinufer mit mehreren Grillplätzen (mit vorhandenem Holz) und -hütten und bekommen Lust, ein Biwak zu machen … Aber wohl nicht in der Schweiz. Nach einer längeren Pause im City-Park in Rheinfelden (CH) geht’s durch die schöne Altstadt nach Rheinfelden (D). Nun schlafen wir in der ehemaligen Bar unseres Gastgebers. der die Kinder noch zu einer Bootsfahrt auf dem Rhein eingeladen hat. 🙂

Après avoir fait un voyage incroyable de la Suisse au Tibet aller-retour à travers un album photo, nous avons pris la route pour une étape plus courte, entre Rhin et forêt. Nous sommes passés à côté de beaux aménagements dans la nature avec BBQ (et le bois qui va avec !), bancs et cabanes. De quoi nous donner envie de bivouaquer ! Mais ce ne sera pas en Suisse que nous avons quittée aujourd’hui après une longue pause dans le City-Park de Rheinfelden (CH) et la traversée de la vielle ville pour arriver dans à la ville du même nom mais côté allemand. Nous passons la nuit dans un ancien bar dont le propriétaire a emmené les enfants faire un tour de bateau sur le Rhin : trop bien !

Étape 28 — Etappe 28


« Nous sommes au pays du Grüezi ! »* (sic Elinor) — « Wir sind im Grüezi-Ländli. »

* pour bien prononcer, n’oubliez pas de rouler le R et de le dire lentement avec une voix qui fait des vagues (ou des montagnes)

Tiengen — Wallbach (CH): 44.4 km

Grüezi ! Les pistes cyclables suisses en bordure de route passante avec camions, un peu flippantes quand même… Mais notre départ très matinal (7h15) nous a permis de prendre le temps de voir de beau coins, dont le petit village de Laufenburg. Heureusemet que nous avons l’humour suisse, car « Rire, c’est bon pour la santé! »
Grüezi! Die Velostrassen in der Schweiz waren heute voll mit Camions, das hat uns ganz schön Angst gemacht. Bevor die Sonne hinter den Alpen erschienen war (7:15 Uhr), waren wir schon auf den Velos und hatten Zeit die Schweiz und ihren deutschen Nachbar zu erkunden, unter anderem das Städtli Laufenburg (in der Schweiz, natürlich). Zum Glück haben wir Schweizer Humor, denn Lachen ist gut für die Gesundheit. Uf Wiederseh!

Étape 27 — Etappe 27

Lotstetten — Tiengen: 37km
À nouveau des passages de frontière entre Allemagne et Suisse fréquents.
Une grosse frayeur dans une très grosse descente à cause de la pression trop forte de la remorque sur le vélo de Katia. Mais plus de peur que de mal, heureusement!
Une grande victoire pour Elinor qui arrive enfin à lâcher suffisamment bien une main du guidon pour boire seule de sa gourde sans devoir s’arrêter ! Leya « vole » ou ondule des bras en lâchant les deux mains depuis le Canal Rhin Rhône sur lequel elle avait eu toute la latitude pour s’entraîner ! Depuis aujourd’hui, elle sait aussi prendre les virages sans les mains. Bientôt du vélo artistique pour elles aussi ?
Retour sur les lieux du crime à Tiengen, mais cette fois volontairement pour manger une glace et dormir.
Eine weitere Wechselschlacht zwischen Deutschland und Frankreich. Ein großer Schreck in einer Abfahrt, als der Hänger von Katia ins Schleudern geraten ist, aber bis auf den Schreck ist nichts weiter passiert.
Ein großer Erfolg für Elinor, die nun endlich eine Hand vom Lenker nehmen kann um selbst ihre Flasche aus den Halter zu holen, dann zu trinken und wieder reinstecken kann ohne stehenbleiben zu müssen! Leya « fliegt » oder flattert mit beiden Armen, da sie seit dem Rhein-Rhône-Kanal freihändig fahren kann. Seit heute fährt sie so auch Kurven. Sehen wir sie bald beim Kunstrad wieder?
Am Abend, zurück zum Ort des Verbrechens nach Tiengen, diesmal allerdings freiwillig um ein Eis zu essen und um zu schlafen.

Étape 26 — Etappe 26

Tengen — Lottstetten: 32km

Après avoir réussi à arracher les enfants de l’habitat participatif et un va-et-vient entre la Suisse et l’Allemagne, détour par les chutes du Rhin à Neuhausen en Suisse : beau spectacle assez impressionnant. Arrivée dans une famille avec quatre enfants qui respire la bonne humeur ; une de leur fille fait du cyclisme artistique, une discipline sportive trop peu connue par rapport à la maîtrise du corps et du vélo dont il faut faire preuve. Nous avons eu la chance d’assister à une partie de son entraînement (car nous étions curieux !) et avons été très impressionnés.
Nachdem wir die Kinder der Gemeinschaft entreißen konnten und eine Partie Grenzhopping zwischen der Schweiz und Deutschland gespielt hatten, haben wir einen Umweg über den Rheinfall in Neuhausen in der Schweiz gemacht, wo wir ein tolles Spektakel gesehen haben. Ankunft in einer sehr freundlichen und fröhlichen Familie mit vier Kindern, von der eine Tochter Kunstrad fährt — eine Sportart, die trotz der Körper- und Fahrradbeherrschung sehr wenig bekannt ist. Wir durften uns einen Teil des Trainings anschauen (denn wir waren neugierig) und waren sehr beeindruckt.

Une vidéo du club de Lottstetten. // Ein Video vom RV Lottstetten.