Étape 33 — Etappe 33

Retzwiller – Montbéliard : 30 km
Ensuite, Montbéliard – Besançon en train.

Un peu plus et il nous arrivait exactement la même chose qu’à Tiengen. Après les 30 km de vélo sans pause (à part pour enfiler les vêtements de pluie…), et une grosse chute père – fille à 3 km de l’arrivée (heureusement sans conséquence), arrivée à la gare de Montbéliard et là… C’est le drame: la gare française a certes des ascenseurs mais passer vélos et remorques séparément un coup pour descendre, puis pour remonter sur le quai prend du temps. Une fois arrivés en haut, le train est là aussi et le contrôleur nous dit: « Vous voulez prendre le train, là!? … Ca ne va pas être possible! » Ah. La montée dans ce train se faisait avec 2 marches et la porte aurait – comme en Allemagne – été trop étroite. Dépités, nous reprenons les ascenseurs, Deux heures d’attente jusqu’au prochain. Nous déjeunons devant la gare, décidons de faire les courses nécessaires à la confection du gâteau d’anniversaire de Leya à la Biocop de Montbéliard plutôt qu’à celle de Besançon. Cela nous a permis de voir que la petite ville a un charme certain! Et de rencontrer Damien qui, spontanément et après nous avoir croiser plusieurs fois s’est arrêté pour en connaître plus sur notre aventure. Il nous a proposé de venir dormir chez lui en cas de soucis avec le train: Merci Damien! Mais cela n’aura pas été nécessaire grâce au train suivant: ascenseurs, préparation des remorques « compactées »… On se tient prêt. Et là, un train à niveau de quai s’arrête, deux contrôleurs super sympas nous indiquent le wagon « vélo », nous aident à nous installer, et nous demande où nous descendrons pour prévoir quelques minutes si nécessaire. Youpi!!! La vallée du Doubs entre Montbéliard et Besançon se déroule sous nos yeux: magnifique! Presque dommage de la faire en train… Mais nous sommes ravis d’arriver chez Christiane, amie de la famille pour deux nuits de repos bien méritée et une jolie visite guidée de Besançon en prime prévue le lendemain!

Um ein Haar wäre uns das Gleiche wie in Tiengen passiert. Nach dreißig Kilometern Rad ohne Pause (außer um uns die Regenkleidung anzuziehen) und einem Papa-Tochter-Sturz drei Kilometer vor der Ankunft stehen wir vor dem Bahnhof in Montbéliard, und jetzt kommt’s. Der französische Bahnhof hat zwar Aufzüge, mit denen wir die Fahrräder und Hänger auf der einen Seite runter und auf der anderen wieder hoch bekommen, aber das alles kostet Zeit. Als wir oben ankommen, ist der Zug schon da und der Schaffner sagt uns: « Wollen Sie mit diesem Zug mitfahren? Das wird nicht möglich sein. » Ah. Einsteigen wäre hier auch gleichbedeutend gewesen mit Stufen steigen und enge Türen durchqueren. Also machen wir kehrt und stellen uns auf zwei Stunden Wartezeit ein.Wir essen vor dem Bahnhof zu Mittag, wollen schnell noch zum Bioladen fahren um die Zutaten für Leyas Geburtstagskuchen zu kaufen, was wir eigentlich bei der Ankunft in Besançon machen wollten. So konnten wir uns das beschauliche Städtchen anschauen. Und auch Damien treffen, der uns mehrfach auf unseren Fahrrädern gesehen hat und spontan angehalten hat um ein Pläuschchen zu halten. Er bot uns sogar an bei ihm zu übernachten, falls es Probleme mit der Bahn geben sollte: Danke, Damien! Es war jedoch dank des nächsten Zuges nicht notwendig: Aufzug, Einklappen der Hänger … Wir sind bereit. Schließlich fährt ein moderner Regionalexpress ein, zwei freundliche Schaffner zeigen uns die Fahrradabteile, helfen uns beim Einsteigen, fragen uns, wo wir aussteigen um eventuell mehr Zeit am Bahnsteig einzuplanen. Juhuu!! Das Doubs-Tal zwischen Montbéliard et Besançon ist wunderschön. Eigentlich schon schade, im Zug dort entlangzufahren. Wir kommen freudig bei Christiane an, eine Freundin der Familie, bei der wir zwei Nächte bleiben und für den nächsten Tag einen Stadtrundgang bereithält.

Le Moulin du Milieu à Tengen

Ou la découverte de la vie en communauté

Le dernier groupe d’habitat participatif visité en Forêt Noire n’a pas été facile à atteindre en vélos. Mais nous n’avons en rien regretté d’avoir suivi les conseils de nos hôtes de Layenhof à Mayence qui nous en avaient parlé en début de voyage ! Plusieurs raisons à cela : les gens rencontrés là-bas nous ont accueillis à bras ouverts sans demande aucune de contrepartie et les partages réciproques ont été particulièrement riches, tant informativement qu’humainement.

Ceci a tout autant été valable pour nos enfants qui ont eu un véritable coup de foudre amical avec ceux de la communauté. C’est bien simple, les filles ont littéralement disparu de la circulation, bien occupées à courir, découvrir, jouer et imaginer des jeux ou des mondes avec les autres. Notre bonhomme les a souvent suivies ou s’est occupé seul dans la cour avec les jouets laissés là, quand il ne jardinait pas à nos côtés. En partie confortable, il faut bien l’avouer, pour nous laisser le champ libre à mener l’enquête et à travailler en compagnie dans le jardin. Mais cela nous a quand même interpellés : quel temps partage-t-on encore avec ses propres enfants ? Cette question a fait l’objet d’interrogations de parents sur place, qui ont admis que les enfants, même s’ils s’occupent très bien seuls, sont souvent laissés de côté du fait du nombre de choses à régler. Avant d’entrer dans cette dynamique, peut-être pourrons-nous à Magny réfléchir à un moyen de leur accorder l’attention qu’ils méritent !? Je ne sais en tout cas pas si nous leur avons « manqué », mais pour ce qui est de l’inverse, à plus d’une reprise, j’ai eu envie de les voir, les câliner et parler avec eux de leurs activités d’enfants. En vain : les jeunes nous ont même exclus de leurs repas, les prenant dans une pièce à part des adultes pour poursuivre leurs conversations ou jeux. Bon. Soit. Les larmes ont coulé quand il a fallu se dire au revoir le dimanche soir. Et au moment de partir le lundi, il nous a fallu de longues dizaines de minutes pour arracher les filles parties se cacher sur leur aire de jeu préférée. Tout cela vaut bien plus que des mots pour exprimer ce que nos enfants ont vécu là-bas !

Le groupe du « Moulin du Milieu », qui est né il y a trois ans, est aujourd’hui constitué de 8 foyers intergénérationnels, soit 11 adultes et entre 5 et 8 enfants selon les gardes alternées. Le terme de communauté n’est pas employé mais c’est pourtant bien chez eux que l’esprit communautaire s’est imposé à nous de façon la plus forte. Les courses sont faites en commun de manière générale, c’est-à-dire qu’elles prennent non seulement les fruits et légumes et les produits alimentaires de base en charge, mais aussi une fois par semaine une viande ou équivalent vegan et les produits d’entretien du quotidien. Un (encore) petit et bien beau jardin selon les principes de culture anthroposophique prend forme et des formes envoutantes depuis quelques temps à côté du bâtiment d’habitation, qui permet déjà de faire quelques conserves pour l’hiver. Ces conserves sont faites avec les mains disponibles le jour de la récolte, au profit de tous et servent donc à l’élaboration des repas communautaires.

Repas communautaires ? Ils peuvent être de deux types : un roulement planifié est fait pour que chaque soir, une personne différente cuisine pour tous ceux qui le souhaitent avec le contenu du jardin et du cellier commun. Le repas prêt, le cor retenti dans et autour de la maison pour prévenir qu’il sera servi dans dix minutes. Les restes s’il y en a servent à ceux qui déjeunent sur place le lendemain. Pour les autres, soit ils mangent à l’extérieur et déduisent de leur participation mensuelle le pourcentage de ce repas s’ils le souhaitent, soit ils se servent dans le cellier commun pour cuisiner et/ou manger dans leurs appartements. Ceci peut permettre aux parents par exemple de profiter d’un repas avec leurs enfants de temps à autres ou d’adapter les horaires à leur quotidien. Pascal et moi pensions au début que ce type de vie « toujours ensemble » ne serait pas forcément notre truc car nous aimons aussi nous retrouver au calme. Mais malgré tout, nous en avons apprécié les avantages non négligeables, principalement pour mettre en place les débuts d’un projet : renforcement des liens au sein du groupe, flux d’informations informel, demandes spontanées d’aide dans les domaines de responsabilités de chacun (jardinage, bricolage, organisation du marché aux puces du dimanche matin…). En outre, un cuisinier par soir permet de dégager du temps à tous les autres cuisiniers potentiels de fait libérés de cette tâche et ayant le champ libre pour faire autre chose, temps mis à profit pour le groupe ou pour s’offrir un répit personnel ! Et le repas communautaire restant de l’ordre de la proposition offerte au groupe et non de l’obligation, chacun peut en disposer en conscience. Pour nous, c’était en tout cas l’idéal pour rencontrer tous les membres ou personnes de passage, prendre la température du groupe et entamer de nombreuses discussions.

L’aspect solidaire déjà rencontré à Beuggen est là aussi présent puisque la participation au frais se fait en conscience de ce que chacun est prêt à donner, dans la mesure où les frais engagés sont couverts. La seule somme non négociable est celle payée mensuellement par chaque adulte pour prendre en charge les frais d’accueil des volontaires venant aider aux travaux divers, comme nous. Là aussi, de quoi alimenter notre réflexion MagnyÉthique !

L’aspect toutefois un peu anarchique de l’organisation du groupe nous a confortés dans notre besoin tout personnel de cadrage. Nous sommes heureux d’avoir mis en place au sein de notre projet d’écolieu des processus de réunion et de communication bien précis et d’avoir opté pour le processus de prise de décision au consentement. Les frustrations et les non-dits semblaient en effet peser sur certaines conversations et réunions. Nous avons également repensé à l’exemple de Beuggen et du soin apporté là-bas au relationnel, partagé cette expérience avec certains membres de Tengen avec lesquels nous étions plutôt d’accord sur le fait que mettre des processus de cohésion en place au plus tôt est probablement gage de réussite et de pérennité pour un groupe.

Nous serons en tout cas heureux de retrouver à Cublize ou Tengen les personnes rencontrées au Moulin du Milieu, sans parler de l’attente de nos enfants !

Kommunität Beuggen

Vor unserer Abfahrt hatten wir schon einen Umweg über den Bodensee vor und auf dem Weg dahin die Kommunität Beuggen angeschrieben, um sie besuchen zu dürfen. Die Kommunität besteht schon seit 13 Jahren. Wir hatten gehofft, mehr über ihre Genese und ihre alltägliche Organisation zu erfahren und selbst bei einer wegen katastrophaler Wettervorhersage frühzeitiger Abfahrt hat sich unser Besuch auf jeden Fall gelohnt!

Viel müsste gesagt werden, um vollständig zu sein (unser Bericht an den MagnyÉth’ ist 12 Seiten lang), aber hier will ich das hervorheben, was uns am meisten interessiert und überzeugt hat: die Solidarität aber auch und ganz besonders das gemeinsame Ziel, das als feste Basis eines Strebens nach Zusammenhalt fungiert.

Fangen wir mit der Solidarität an:

– Damit selbst ein Haushalt ohne Anfangskapital zu der Kommunität gehören kann, haben ihre Mitglieder ein System untereinander entwickelt, bei dem diejenige die mehr besitzen, denjenigen, die das nötig haben, privat Geld ausleihen.

– Einige Kosten werden für soziale Fairness je nach Einkommen geteilt.

– Die Mitglieder teilen sich natürlich den Wohnort, aber sie organisieren auch den gemeinsamen Einkauf der Lebensmittel bei biologischen Landwirten und Geschäften, damit alle von der biologischen Nahrungsqualität zu kleinen Preisen profitieren können, was große Einkäufe erlauben.

– Gäste wie wir zahlen den gleichen Tarif wie die Bewohner und dürfen sich genauso wie sie aus der Vorratskammer ihre biologischen Nahrungsmittel holen und können vor Ort einige Zeit verbringen mit abnehmenden Preisen je nach Aufenthaltsdauer. Dies ist zum Beispiel der Fall einiger Gäste, die religiöse Retreats bei der Kommunität machen, vor Ort neue Energie tanken oder in schwierigen Lebenszeiten Hilfe suchen.

Die Außenbedingungen sind nun ungefähr beschrieben, so dass wir dasjenige wiedergeben können, das uns am meisten überzeugt hat, Pascal und mich, im Hinblick auf unserer Arbeit im Lenkungskreis für MagnyÉthique: die Notwendigkeit des gemeinsamen Ziels und des Zusammenhalts der Gruppe! Momentan besteht die Kommunität aus 6 Haushalten, das heißt aus 10 Erwachsenen und 9 Kindern. Drei Familien sind seit der Gründung Teil des Projekts, und selbst wenn das Leben für Abwechslung gesorgt hat, kann man schon von einer auf der gesamten Dauer relativ stabile Gruppe sprechen. Beständigkeit und Ausdauer des Projektes, die von vielen beneidenswert sind, und nach deren Gründen wir haben versucht zu forschen, um diese Lehre zu unseren Gunsten zu nutzen.

Das erste, was uns in dieser Hinsicht aufgefallen ist, ist das klare und starke gemeinsame Ziel, das die Gruppe zusammenbringt. Alle sind sehr gläubig, christlicher Konfession. So sind sowohl Katholiken als Protestanten in der Gruppe, die auch noch Orthodoxen, Anglikaner oder Kopten z.B. annehmen würde. Sie sind alle gläubig und leben ihren Glauben im Alltag und engagieren sich auch mit sozialen oder therapeutischen Berufen für mehr Gerechtigkeit und Solidarität in der Gesellschaft. Sie veranstalten Messen oder religiöse Feier, Camps für Jugendliche oder Familien mit ökumenischem Gottesdienst, damit alle gemeinsam ihren Glauben trotz ihrer Unterschiede erleben können. Dieses Hauptziel ist also das, was die Bewohner der Kommunität Beuggen bewegt.

Aber um dieses Ziel zu erreichen trotz aller Differenzen, die in einer Gruppe bestehen, haben die Mitglieder dieser Gruppe schnell die Überzeugung gehabt, dass sie sowohl an der Gruppe als auch an sich selbst arbeiten müssen, und dass beides eng miteinander verbunden ist. Daher gibt es verpflichtende und sehr regelmäßige und geführte Sitzungen (alle sechs bis acht Wochen), die dazu dienen, Spannungen auszudrücken und somit Konflikten vorzubeugen, die aus Unausgesprochenem entstehen können. Manchmal wählt die leitende Person ein Thema aus dem Bereich des gemeinsamen Lebens um die Diskussion zu führen, manchmal nicht. Zusätzlich bildet sich die Gruppe in gewaltfreier Kommunikation aus, hat an Enneagramm-Schulungen teilgenommen, usw. Es wird daher sehr darauf geachtet, dass Individuum und Gruppe gut zusammenspielen. Und es scheint, dass dies zur Langlebigkeit dieser Gruppe beigetragen hat.

Wir wussten selbstredend, dass der letzte Punkt grundlegend ist, aber die Bestätigung von Menschen zu erhalten, die es seit zwölf Jahren alltäglich erleben und die uns dazu ermutigen, das Zwischenmenschliche vor die Planung zu stellen, unterstreicht auch die Notwendigkeit, relevante vom Lenkungskreis vorgesehene Punkte zur Gruppenbildung vorzuziehen. Ein besonderes Dankeschön geht an all diejenigen, die uns in Beuggen empfangen haben und die unsere Fragen bereitwillig beantwortet haben, auch wenn sie manchmal aufdringlich und weitgreifend waren.

Étape 32 — Etappe 32

Bernwiller – Manspach – Retzwiller: 18.5 km

Les tout premiers kilomètres à cinq le long du canal!
Die allersersten Kilometer zu fünft am Kanal!

Arrivée dans le jardin de Fabrice à Manspach, Maraîchage sur Sol Vivant, une semaine prometteuse d’enseignements !
Ankunft in Fabrices Garten in Manspach, Gemüseanbau auf ledendem Boden, die Woche hier verspricht uns viel!

Adriel: Étape 1bis – Etappe 1*

À l’occasion d’une belle balade autour de Bernwiller, Adriel s’est mis à pédaler, pédaler… On ne pouvait plus l’arrêter ! Le regard au loin, il garde le cap à présent et file tel un petit bolide ! Malgré la vitesse, nous n’avons pu éviter l’orage. Mais tant pis, rien ne peut gâcher un tel bonheur !
Während eines schönen Spazierganges um Bernwiller hat Adriel richtig angefangen zu radeln, radeln… Er war nicht mehr aufzuhalten! Den Blick nun immer nach vorne gerichtet, fährt er gerade und schnell wie der Blitz. Trotz höher Geschwindigkeit konnten wir den Unwetter nicht entgehen. Aber was soll’s? Nichts kann so ein Glück aufhalten!

Étape 31 — Etappe 31

Kembs — Bernwiller: 40km

Réveillés d’abord par la pluie qui s’est vite arrêtée, rendormis dans un concert de chants d’oiseaux, nous prenons au vrai réveil le petit déjeuner dans la nature. Est-ce que ces traces ont déjà été là hier ? Probablement pas. Alors, les sangliers et marcassins nous ont rendu visite cette nuit ? Nous n’avons rien entendu en tout cas.
Nous quittons la forêt de la Hardt sur une piste cyclable excellente et nous engageons sur le canal du Rhin au Rhône que nous retrouvons ici et que nous quittons momentanément à Mulhouse. En rentrant dans la ville, une voiture sort de son parking sans regarder et a failli renverser un de nos enfants. Je hurle, le conducteur s’arrête mais ne s’excuse pas. Nous continuons, prenons notre repas sur la place du temple et allons prendre un dessert. La glace est succulente, et nous discutons bien avec le propriétaire. Il nous a bien remonté le moral après l’incident — si tu lis ces mots, merci !
Nous repartons le long du canal. Une écluse en panne nous permet de discuter avec un couple qui fait l’EuroVélo 6 de Nantes à la Mer Noire, un peu plus loin nous discutons avec une famille allemande. Elle nous demande si c’est nous qu’un monsieur à vélo de course cherchait … Nous ne saurons que le lendemain que c’était notre hôte, Rolznd, venu à notre rencontre. 😉 Après une piste bien caillouteuse et cabossée que le GPS nous a malheureusement choisie, nous arrivons chez Cécile et Roland où nous sommes magnifiquement bien accueillis. Une pause bien méritée.

Der Regen weckt uns kurz auf, dann ein Vogelkonzert, bevor wir schließlich mitten in der Natur frühstücken. Waren diese Spuren schon gestern da? Wahrscheinlich nicht. Haben uns heute Nacht Wildschweine und Frischlinge besucht? Wir haben jedenfalls nichts gehört.
Wir verlassen den Hardt-Wald auf einem exzellenten Radweg und treffen einen alten Bekannten, den Rhein-Rhône-Kanal, wieder, den wir kurzzeitig in Mühlhausen verlassen. Als wir in die Stadt fahren, verlässt ein Fahrzeug den Parkplatz und hätte fast eines unserer Kinder umgefahren. Ich schreie er kriegt sich kaum ein, der Fahrer hält kurz an, aber entschuldigt sich nicht. Wir fahren weiter, essen auf dem Platz des Tempels und holen uns einen Nachtisch. Das Eis ist sehr lecker, und wir tauschen uns mit dem Besitzer aus. Er hat uns wieder aufgemuntert — falls du dies liest (auch auf Deutsch), danke!
Wir fahren wieder am Kanal. Eine kaputte Schleuse ermöglicht es uns mit einem Ehepaar reden, das gerade auf der EuroVelo 6 auf dem Weg von Nantes zum Schwarzen Mer ist, und etwas weiter mit einer deutschen Familie. Ob uns ein Herr auf einem Rennrad suche … Wir verneinen. Erst am nächsten Tag werden wir erfahren, dass das unser Gastgeber war. 😉 Nach einer Steine- und Schotterpiste, die uns leider vom Navi ausgesucht wurde, erreichen wir unser Ziel bei Cécile und Roland, wo wir herzlich empfangen werden. Eine wohl verdiente Pause.

Étape 30 — Etappe 30

Rheinfelden (D) — Kembs (F): 35km, via Basel // Bâle

ou: Du bar au bivouac
oder: Von der Bar ins Biwak

Le matin, je sors les vélos et découvre un rayon cassé chez Katia. Que faire ? J’appelle vite un réparateur à Rheinfelden : négatif, pas possible avant le lendemain. Franchement … L’autre dans le village voisin qui est sur notre route du jour n’est pas joignable par téléphone. Alors, tout ou rien, on y va. En pédalant, nous nous demandons si c’est la roue voilée qui avait posé le problème sur la route en descente il y a quelques jours … Possible. Avant d’arriver, nous devons passer un petit tunnel sous les rails de train. Et quand nous disons petit, ça veut surtout dire : étroit comme un vélo avec deux sacoches et pile une remorque, et tellement bas que les vélos ont failli ne pas passer (et nous non plus). Nous arrivons chez le monsieur qui sort de son magasin, répare le rayon en deux temps trois mouvements et nous souhaite un bon voyage. C’est ce que nous appelons un bon service.
Passage par Bâle. Sachez qu’il est interdit de traverser un passage piéton en roulant. C’est tout du moins ce que nous dit un monsieur suisse peu après nous avoir vus traverser ainsi. Il est certainement aussi interdit de garer les vélos en dehors des carrés de parking dessinés par terre, mais le carré est plein et nous avons tellement envie de nous payer une glace (qui était un frozen yoghurt) en Suisse que nous le faisons quand même. Sans suites.
Nous traversons la frontière paisiblement pour nous retrouver en France. Troisième pays aujourd’hui ! Nous passons plein de parcs de jeu (et nous nous demandons si un guide EuroVélo en famille qui recense les parcs de jeu existe …), longeons le canal de Huningue avant de nous engager dans la forêt de la Hardt où nous allons bivouaquer. Il y a certes des traces d’animaux par terre, mais nous nous mettons un peu à l’écart et tentons l’aventure, faisons une bonne soupe d’orties et lierre terrestre qui nous réchauffe, un petit feu (dans les règles de l’art, s’il vous plaît), montons les tentes et allons nous coucher.

Am Morgen entdecke ich an Katias Fahrrad einen Speichenbruch. Was nun? Schnell rufe ich einen Fahrradhändler in Rheinfelden an. Nichts zu machen, erst am nächsten Tag. Kaum zu glauben. Im Nachbarort gibt es noch einen, der auf dem heutigen Weg ist, jedoch beantwortet er den Anruf nichts. Dann heißt es alles oder nichts, wir fahren los. Während wir fahren, fragen wir uns, ob das eiernde Rad nicht für das Ins-Schleudern-Kommen des Hängers verantwortlich ist. Bevor wir ankommen, müssen wir durch einen kleinen Tunnel. Klein heißt da aber: schmal wie ein Fahrrad mit Seitentaschen und genau einem Hänger und so tief, dass die Fahrräder fast nicht durchpassen. Wir kommen bei dem Fahrradmann an. Er kommt schon aus seinem Laden, repariert die Speiche im Handumdrehen und wünscht uns eine gute Reise. Das nennen wir einen super Service.
Abstecher nach Basel. « Es ist verboten, in der Schweiz mit dem Velo über den Zebrastreifen zu fahren. » O-Ton eines Schweizers, der uns darüber aufklärt, da er uns gerade genau das hat machen sehen. Wahrscheinlich ist es auch verboten, die Fahrräder neben dem auf den Bürgersteig gemalten Kästchen zum Abstellen des Fahrrads abzustellen, aber das Kästchen ist voll und wir wollen ein Eis in der Schweiz (letztendlich ein Frozen Yoghurt), also machen wir es trotzdem. Ohne Folgen.
Wir überqueren die unscheinbare Grenze nach Frankreich. Das dritte Land heute! Wir kommen an vielen Spielplätzen vorbei (und fragen uns, ob es einen Führer für EuroVelo-Routen für Familien gibt, in der alle Spielplätze aufgezeichnet sind …), fahren den Hüninger Kanal entlang, bevor wir in den Hardter Wald fahren, wo wir unser Biwak aufschlagen werden. Wir finden zwar einige Tierspuren auf dem Boden, aber wagen es dennoch, machen eine leckere, uns wärmende Suppe, dazu ein kleines Feuer (ordnungsgemäß wie es sich gehört), stellen die Zelte auf und gehen schlafen.

Communauté de Beuggen

Avant même notre départ et en prévision de notre détour par le Lac de Constance, nous avions prévu de rendre visite à la communauté de Beuggen, un habitat participatif créé il y a 13 ans déjà. Nous espérions en apprendre plus sur leur genèse et leur organisation quotidienne et même si nous avons dû écourter notre séjour d’une journée pour éviter une météo exécrable, nos souhaits ont été exaucés !

Il y aurait beaucoup à dire pour être complets (notre compte-rendu aux MagnyÉth’ fait 12 pages !) mais je veux ici mettre l’accent sur ce qui nous a le plus intéressés et convaincus : l’esprit de partage mais aussi et surtout le projet commun qui sert de base solide pour un travail de cohésion de groupe intense et régulier.

Commençons par l’esprit de partage et de solidarité :
– Afin de permettre à des foyers sans apport de venir vivre dans la communauté, les membres ont mis en place un système de prêt personnel afin que les plus aisés d’entre eux puissent aider ceux qui ont moins.
– Certains frais se font en fonction des revenus de chacun pour une meilleure justice sociale.
– Les membres du groupe partagent non seulement leur lieu d’habitat, mais font aussi leurs achats en communs auprès de producteurs et de magasins bios afin d’assurer une qualité alimentaire à tous et ce à moindre prix car les achats peuvent ainsi se faire en gros.
– Les personnes de passage (comme nous) bénéficient des mêmes tarifs que les membres du groupe et ont ainsi le droit de se servir dans le même cellier bio et de venir vivre sur place à prix dégressif plus ou moins longtemps. C’est le cas d’un certain nombre d’hôtes qui viennent faire une retraite religieuse, se ressourcer ou chercher de l’aide auprès du groupe dans des moments difficiles de leur vie.

Le décor étant à peu près planté, venons-en à ce qui nous a le plus convaincus dans l’optique du travail que nous effectuons Pascal et moi au sein de la commission gouvernance MagnyÉthique : l’importance du projet commun et de la cohésion ! Le groupe est actuellement composé de 6 foyers, soit 10 adultes et 9 enfants. Trois des familles font partie des membres fondateurs du projet et malgré des changements dus à des chemins de vie personnels, on peut parler d’un groupe relativement stable sur l’ensemble des années. Stabilité et longévité du projet enviables dont nous avons tenté de sonder les raisons pour bénéficier de leurs enseignements.

Le premier constat allant dans ce sens est l’objectif commun clair et fort qui rassemble le groupe. Tous sont croyants, de confession chrétienne. Il y a toutefois des catholiques et protestants au sein de ce groupe, qui est aussi ouvert à des orthodoxes, anglicans, coptes… En plus de leur croyance, tous les membres du groupe sont pratiquants et engagés professionnellement dans le médico-social pour une société juste et solidaire. Ils organisent des messes ou fêtes religieuses, des camps pour jeunes ou familles avec célébration œcuménique pour leur permettre malgré leurs différences de vivre leur foi ensemble. C’est cet objectif qui porte donc les habitants de la communauté de Beuggen.

Mais pour se donner la possibilité de vivre cet objectif commun malgré les différends inhérents à tout groupe d’humains qui se respecte, les membres de celui de Beuggen ont très vite eu la conviction qu’ils devaient à la fois travailler au groupe et chacun sur soi, que les deux sont même intimement liés. Ainsi, des séances obligatoires et très régulières (toutes les 6 à 8 semaines) sont destinées à évacuer avec accompagnement d’une personne extérieure les petites tensions pour éviter que des non-dits se transforment en conflit. Parfois, l’accompagnatrice choisit une thématique inhérente aux projets participatifs pour diriger les discussions, parfois non. De plus, le groupe se forme encore et toujours à la Communication Non Violente, a assisté à des séminaires d’ennéagramme etc. Un soin tout particulier est donc apporté à la conciliation de l’individu et du groupe. Et il semblerait que ce fait contribue fortement à la longévité du groupe.

Nous avions beau savoir que ce dernier point était essentiel, en avoir la confirmation par des personnes qui le vivent de l’intérieur depuis près de 12 ans et nous ont encourager à mettre l’humain avant la planification nous donne envie d’accélérer les points de programme prévus par la commission gouvernance pour prendre soin du groupe et des individus qui le compose encore plus qu’aujourd’hui !

Un merci tout spécial aux personnes qui nous ont accueillis à Beuggen et ont accepté de répondre à toutes nos questions, parfois insistantes et poussées.

Étape 29 — Etappe 29

Wallbach (CH) — Rheinfelden (D): 21km

Abfahrt nach einer fotografischen Traumreise von der Schweiz nach Tibet und zurück. Wir fahren durch einen Wald am Rheinufer mit mehreren Grillplätzen (mit vorhandenem Holz) und -hütten und bekommen Lust, ein Biwak zu machen … Aber wohl nicht in der Schweiz. Nach einer längeren Pause im City-Park in Rheinfelden (CH) geht’s durch die schöne Altstadt nach Rheinfelden (D). Nun schlafen wir in der ehemaligen Bar unseres Gastgebers. der die Kinder noch zu einer Bootsfahrt auf dem Rhein eingeladen hat. 🙂

Après avoir fait un voyage incroyable de la Suisse au Tibet aller-retour à travers un album photo, nous avons pris la route pour une étape plus courte, entre Rhin et forêt. Nous sommes passés à côté de beaux aménagements dans la nature avec BBQ (et le bois qui va avec !), bancs et cabanes. De quoi nous donner envie de bivouaquer ! Mais ce ne sera pas en Suisse que nous avons quittée aujourd’hui après une longue pause dans le City-Park de Rheinfelden (CH) et la traversée de la vielle ville pour arriver dans à la ville du même nom mais côté allemand. Nous passons la nuit dans un ancien bar dont le propriétaire a emmené les enfants faire un tour de bateau sur le Rhin : trop bien !

Étape 28 — Etappe 28


« Nous sommes au pays du Grüezi ! »* (sic Elinor) — « Wir sind im Grüezi-Ländli. »

* pour bien prononcer, n’oubliez pas de rouler le R et de le dire lentement avec une voix qui fait des vagues (ou des montagnes)

Tiengen — Wallbach (CH): 44.4 km

Grüezi ! Les pistes cyclables suisses en bordure de route passante avec camions, un peu flippantes quand même… Mais notre départ très matinal (7h15) nous a permis de prendre le temps de voir de beau coins, dont le petit village de Laufenburg. Heureusemet que nous avons l’humour suisse, car « Rire, c’est bon pour la santé! »
Grüezi! Die Velostrassen in der Schweiz waren heute voll mit Camions, das hat uns ganz schön Angst gemacht. Bevor die Sonne hinter den Alpen erschienen war (7:15 Uhr), waren wir schon auf den Velos und hatten Zeit die Schweiz und ihren deutschen Nachbar zu erkunden, unter anderem das Städtli Laufenburg (in der Schweiz, natürlich). Zum Glück haben wir Schweizer Humor, denn Lachen ist gut für die Gesundheit. Uf Wiederseh!